Les personnages de la vie de Rutherford
Images :
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Piotr Kapitza vers 1925. Source : Kapitza, Rutherford, and the Kremlin, Lawrence Badash, 1985
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Séminaire d'Abram Ioffe à l'Institut polytechnique, 1915. Ioffe est assis au milieu, avec la moustache ; Jadwiga Szmidt est à sa gauche ; Kapitza est debout, le plus à gauche. Source : Wikipedia
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Lettre de P. L. Kapitza au professeur E. Rutherford, 18 juillet 1921. Source : P.L. Kapitza Institute for Physical Problems
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Blackett, Kapitza, Langevin, Rutherford & CTR Wilson, Cambridge 1929. Source : Cavendish Lab.
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Kapitza dans son bureau du Mond Laboratory en 1934. Source : University of Cambridge Digital Library
Piotr Kapitsa
(1894-1984)
Physicien russe d'origine roumaine, Piotr Léonidovitch Kapitza quitte son pays d'origine en 1921, pour rejoindre Cambridge. Il y restera 13 ans, en prenant une place de plus en plus importante auprès d'Ernest Rutherford et en développant des techniques de recherches révolutionnaires.
Piotr Léonidovitch Kapitsa (ou Kapitza, selon les transcriptions à partir du russe Капица) est né à Kronstadt, ville insulaire de la baie de la Néva, au fond du golfe de Finlande et à quelques encablures de Saint-Pétersbourg en 1894.
Il se forme d'abord au collège technique de Kronstadt, à partir de 1912, puis à l'Institut polytechnique de Petrograd (nom de Saint-Pétersbourg depuis une décision du tsar Nicholas II de 1914). Il dut interrompre ses études pendant deux ans du fait de la Première Guerre mondiale. Il servit alors comme ambulancier sur le front polonais.
Il est sorti diplômé en 1918 de l'Institut polytechnique.
Il se marie en 1916 avec Nadejda Kirillovna Chernosvitova et le couple a deux enfants, Ieronim, né en 1917, et Nadejda, née en 1920. Hélas, la pandémie de grippe qui sévit après la première guerre mondiale, emporte d'abord son fils en 1919, puis sa femme et sa fille en 1920. Son père succombe lui aussi à la maladie au cours de l'année 1919.

Après son diplôme, il reste à l'Institut polytechnique et travaille dans le département dirigé par Abram Fiodorovitch Ioffé. En 1920, ce dernier s'efforce de lui obtenir un visa pour partir approfondir ses connaissances à l'étranger. Kapitza obtient un poste en Estonie, mais cela le maintient dans les frontières de l'Union Soviétique. Ioffé souhaite qu'il puisse partir plus à l'ouest, mais l'Allemagne, la France et les Pays-Bas refusent de l'accueillir, craignant qu'il devienne "un agitateur parmi les jeunes."
Ioffé se déplace en Angleterre et y rencontre J.J. Thomson et Ernest Rutherford en juillet 1921. Jadwiga Szmidt, qui seconde Ioffe à Petrograd et a travaillé avec Rutherford en 1913-1914, intervient aussi en faveur de Kapitza. Selon certaines sources, Maxime Gorki, qui avait rencontré Rutherford à Montréal en 1906, aurait aussi joué un rôle.
Cette insistance paye, puisque Rutherford accepte de prendre Kapitza dans son équipe. Le jeune chercheur russe, qui avait rejoint son chef de Petrograd à Londres vers la fin mai, commence au laboratoire Cavendish le 21 juillet 1921, comme indiqué dans la lettre reproduite ici.
Notez que sa signature indique « Pierre Kapitza », en utilisant l'équivalent français du prénom Piotr et la transcription de son nom de famille comportant un Z dans la dernière syllabe, plutôt qu'un S.


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De 1924 à 1932, il est directeur adjoint du laboratoire Cavendish, puis de 1933 à 1934, directeur du laboratoire Mond de la Royal Society de Londres à l'université de Cambridge. Ce laboratoire a été spécialement construit pour accueillir les appareils qu'il avait développés afin de produire des champs magnétiques très intenses. Ses expérimentations nécessitant aussi des températures extrêmement basses, il obtient l'installation d'un équipement de liquéfaction d'hélium à côté de son laboratoire.
En 1927, il se marie pour la deuxième fois, à Paris, avec Anna Alexeïevna Krylova, fille de l'ingénieur naval et mathématicien Alexeï Nikolaïevitch Krylov.
En 1934, il retourne en U.R.S.S. pour rendre visite à ses parents. Son passeport est alors confisqué par les autorités. Malgré les négociations menées par Rutherford et les officiels britanniques, les Soviétiques refusent de le libérer. Rutherford finit pas accepter de leur revendre tout le matériel mis au point par Kapitza.
Il recréera un centre de recherche de premier plan à Moscou et obtiendra le prix Nobel de physique en 1978 pour « ses inventions et découvertes fondamentales dans le domaine de la physique des basses températures. ».

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Sources :
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Kapitza, Rutherford, and the Kremlin, Lawrence Badash, 1985
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Kapitza Life And Discoveries (Outstanding Soviet Scientists), F. B. Kedrov (auteur); Mark Fradkin (traducteur du russe vers l'anglais), 1984
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Collected Papers Of P. L. Kapitza, Volume 1, Volume 2, Volume 3
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Piotr Leonidovich Kapitza, Trinity College Cambridge
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Резерфорд, Даниил Семенович Данин
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Пётр Леонидович Капица 1894–1984, FamilySearch
